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Z comme Zorro, Z comme zen, Z comme Zizou

L'énigme Zidane

Il a tout donné jusqu'au bout. Tout pour sauver l'équipe de France qu'il avait quittée un an plus tôt le coeur lourd. Qu'est-ce qui fait courir ce milliardaire de 33 ans à l'enthousiasme de minot ? Une enquête de Serge Raffy et Olivier Toscer

Un petit bureau dans un centre d’affaires, dans les quartiers Nord de Marseille, au milieu des barres HLM. Une PME discrète. Presque invisible. Elle abrite pourtant une entreprise mondiale : la « Zizou Cie ». De son vrai nom Zidane Diffusion, la société qui gère les droits d’image du meilleur footballeur de sa génération. Une activité très prospère, dotée d’un chiffre d’affaires qui oscille au gré des années entre 1 et 2 millions d’euros, en fonction de la vente des produits dérivés. C’est ici que bat le cœur du système Zidane. Loin des médias. On y retrouve sa famille au complet. Le petit Yazid, devenu star planétaire, n’a pas oublié les siens, ni ses racines, celles du gamin d’une famille immigrée dans la cité de la Castellane. En 1998, quand le ciel et le succès lui sont tombés sur la tête, il a d’abord pensé aux siens. Et créé une boîte où chacun aurait sa place. Avec toujours les mêmes critères, ceux que son père, ouvrier kabyle, lui a inculqués : travail et respect. Il a même imposé à Canal+ d’offrir à ses frères et sœur une formation accélérée pour gérer son site internet, Zidane.fr. La société Zidane Diffusion a suivi logiquement. « Il ne voulait pas transformer les membres de sa famille en gagnants du Loto, se souvient Alain Legal, alors chargé des relations de la chaîne avec lui. Il souhaitait qu’ils soient impliqués professionnellement dans son triomphe. »
Président en titre, Zidane s’octroie, avec sa femme Véronique, la minorité de blocage de ZD et répartit le reste du capital, à parts égales, entre sa petite sœur Lila, 36 ans, et ses trois frères Majid, l’aîné, 42 ans, Farid, 40 ans, et Nordine, 38 ans.
Ces deux derniers se piquent au jeu et deviennent des gestionnaires avisés. Aujourd’hui, toutes les sollicitations commerciales ou médiatiques passent entre leurs mains.

 

 

Terrible pouvoir. Dans un monde où les millions d’euros font chavirer les âmes les plus solides, Farid et Nordine Zidane apprennent sur le tas. Ils filtrent, sélectionnent, flairent les escrocs, chassent les curieux. Leur force : la confiance absolue du petit frère. Leur fai-
blesse : ils manquent parfois de rondeur et gardent la rugosité des enfants de la zone. Un jour, ils reprochent rudement aux journalistes de « Stade 2 » d’utiliser des images de la famille, tournées pourtant avec leur accord quelques années plus tôt : « Persuadés que le monde entier voulait faire du fric sur le dos de leur frère, ils s’étaient imaginés que, nous aussi, nous faisions de l’argent en exploitant des plans tournés lorsque Zizou n’était pas encore célèbre, explique Dominique Le Glou, rédacteur en chef à France 2. Il a fallu l’intervention du père, Smaïl Zidane, pour calmer le jeu. » Depuis, les deux frères se sont « policés » au contact des conseillers juridiques du n° 10 des Bleus. Des hommes de robe qui leur ont appris l’art d’enrober.
Parmi eux un avocat bordelais, Me Jean-Didier Lange, spécialiste du droit des affaires et ancien président des Girondins. Il suit de près tous les contrats de Monsieur Z. Il intervient aussi lorsque le fisc remet en cause certains dossiers de défiscalisation de la vedette du ballon rond. A Marseille, Me Hervé Ghevonthian gère les contentieux d’image. Surprise : dans ce domaine, il n’y a rien à signaler. RAS. Pour les paparazzi, Zizou n’est pas Stéphanie de Monaco, mais plutôt l’abbé Pierre. Protégé par son statut de personnalité préférée des Français, Zizou n’a pas l’occasion de fréquenter les prétoires. Il n’aime pas jouer les plaideurs. Sauf lorsque des journaux se permettent de publier des clichés de ses trois (bientôt quatre) enfants.
En Espagne, un des plus gros cabinets madrilènes, Cuatro Casas, composé d’un bataillon de cent avocats, protège Zizou du moindre tracas. Mais là encore, RAS. Ici, on ne vous parle que de ses passements de jambes, ses contrôles lunaires, ses reprises de volée qui défient les lois de la pesanteur ; côté financier, un silence polaire plane au-dessus du curieux. Dans la galaxie Zidane, on n’aime pas parler d’argent. Ses revenus annuels ? 14 millions d’euros : 8 millions de ses sponsors Orange, Adidas, CanalSat, Ford et Danone ; 6 millions du Real de Madrid. Et encore, murmure-t-on autour de lui, il pourrait gagner davantage, voire le double. L’argent n’a jamais été son moteur. Ni la célébrité. Zidane n’est pas David Beckham. A Madrid, il ne court pas les boîtes branchées. Ses seuls plaisirs : partager une galette de Kabylie faite par sa mère, Malika, avec ses enfants, ses frères ou ses potes… Et jouer au ballon. Le clan, encore et toujours. Quand on lui a demandé qui l’avait inspiré pour son retour en équipe de France, Yazid a cité son frère Farid, qui l’aurait contacté en pleine nuit. Clin d’œil, là encore, à la tribu. Manière ironique d’éluder la question et de gommer son passé avec les Bleus. Monsieur Z n’a rien oublié.
2002 : la gueule de bois coréenne. Une Coupe du Monde calamiteuse. Zidane revoit encore ses équipiers  agglutinés à leur téléphone mobile, gavés de contrats et de sponsors, concentrés sur les courbes de vente de leurs produits dérivés. Le merchandising gonfle les porte-feuilles, mais alourdit les mollets. Zidane se souvient des premiers tiraillements entre les joueurs. Sans patrons depuis le départ de Didier Deschamps et Laurent Blanc, ils sont déboussolés et rêvent de le voir reprendre les commandes. Mais il n’a pas l’âme d’un chef. C’est un artiste, un funambule, pas un garde-chiourme. Malgré son aura, son statut de meilleur joueur du monde, il ne sera jamais Platini ou Beckenbauer. Le Pelé kabyle est un soliste.
A l’Euro 2004, les Bleus prennent l’eau de toute part. Dans les vestiaires, après la défaite, on s’engueule sans retenue. Le pauvre Roger Lemerre, l’entraîneur falot imposé par Aimé Jacquet, est frappé d’impuissance. On reproche à Zidane de ne pas faire son boulot de meneur. « On » ? Thierry Henry surtout. Il est le porte-parole d’un groupe de jeunes joueurs qui veulent s’émanciper de la tutelle des anciens. Vieux dilemme. Comment virer des stars vieillissantes sans provoquer de révolution, ni trop chagriner les sponsors ? Le freluquet d’Arsenal joue les insolents. Il moque l’idole dans la presse, sans le nommer. En fait, au lendemain de l’Euro, l’équipe est à deux doigts d’exploser. Zidane, comme toujours, se mure dans un silence impénétrable. Zizou est zen. Le Sphinx déteste les conflits. Comme son père lui a toujours dit, il pense que « ce qui compte, c’est ce que tu fais ».
Au plus haut niveau de la FFF, on s’interroge. Comment éviter le cataclysme ? Claude Simonet, le président, joue les pompiers. Il doit trouver un nouveau sélectionneur et réveiller l’équipe. Zidane et ses proches, Lizarazu, Thuram, Makélélé et quelques autres soutiennent officiellement la candidature de Laurent Blanc, le « président », vrai patron des Bleus en 1998. Mais au conseil fédéral, on ne voit pas d’un bon œil le retour du « président ». Aimé Jacquet intervient et impose Raymond Domenech sur le fil. Exit Lolo. Sélectionneur des Espoirs, Domenech n’a jamais rien gagné. L’homme est controversé. C’est une grande gueule, comédien à ses heures, ancien coupeur de jambes quand il jouait à Lyon ou à Bordeaux. Pour les amis de Zizou, c’est un second couteau. Sa désignation, un camouflet. Pis, tout le staff technique et médical qu’ils ont l’habitude de côtoyer est bientôt évincé de l’équipe de France.
Le masseur personnel de Zizou, le médecin, le préparateur physique... Le message aux anciens est clair : l’ère des sénateurs est terminée. Fini les caprices, les passe-droit, les retards à l’entraînement. Il faut retrouver l’esprit de commando.
Zinedine va-t-il supporter cette révolution version « Full Metal Jacket » ? Au fil des interviews, il distille qu’il est un peu las de tous ces voyages, qu’il rêve de passer du temps avec les siens, sa femme, Véronique, et ses trois fils. N’est-il pas en train de se faire construire une somptueuse villa au nord de Madrid, un bunker inviolable et inaccessible aux paparazzi ?
C’est le signe qu’il a bien l’intention d’être de plus en plus espagnol. Le président du Real, Florentino Perez, saute sur l’occasion et cherche à lui faire signer un contrat d’ambassadeur du club à vie.
Zidane al Real para siempre ! (au Real pour toujours) ? Pas si sûr. Car aux journalistes, pas une fois il ne dit clairement qu’il va tirer un trait sur les Bleus. Eté 2004 : il attend patiemment plus de trois semaines avant que Raymond Domenech daigne lui rendre visite à Madrid pour... le « consulter ».
« C’était le rendez-vous des faux-culs », résume un proche du joueur. Le rôle de Zidane dans le nouveau film ? Si ce dernier revient chez les Bleus, il devra se plier aux diktats du nouveau boss. Moment terrible. Lui, l’icône de la France black-blanc-beur, l’idole de tous les gamins de la planète foot, est tout bonnement méprisé. Il a face à lui quelqu’un qui lui tend une main fuyante. Quelques jours plus tard, la mort dans l’âme, il annonce son départ. Avec le sentiment d’avoir été « lourdé en douceur ».
Paniqué, Aimé Jacquet l’appelle : Zizou n’a rien compris. Il y a un malentendu. L’ancien sélectionneur, aujourd’hui directeur technique national, toujours très influent à la FFF, lui assure qu’il est au contraire au cœur du dispositif. Mais les tentatives de « Mémé » restent
vaines. Le jeune « retraité » va se consacrer désormais au Real. Mais en 2004-2005, le club « merengue » fait une « saison blanche » : il ne gagne aucun titre. Chez les « socios » madrilènes, on entend la même antienne : « Les joueurs sont trop vieux et trop payés. Ils n’ont plus faim. Ce sont des sénateurs ! Figo, Ronaldo, Beckham, à l’usine ! »
Le même reproche que chez les Bleus...
Zidane, lui, est épargné par les pleureuses. A Madrid, il reste un dieu vivant, un martien, le joueur tombé du ciel dont la technique fait chavirer les tribunes de Santiago Bernabeu.
Mais il s’interroge. Les jours de matchs internationaux, tous les « galactiques » du Real, ses copains, ses pairs, sont absents, pris par leur équipe nationale. Il se retrouve à l’entraînement avec les remplaçants et les stagiaires. A 33 ans, le divin chauve commence à déprimer. Il sait qu’il va jouer ses dernières saisons. Deux au maximum. En toute logique, il devrait poursuivre jusqu’en 2007. D’ici là, il y a la Coupe du Monde, en Allemagne, en 2006. Comment finir en beauté ? Les mauvaises performances de l’équipe de France commencent à l’intéresser. Il se remet à suivre les Bleus, flottants, sans inspiration, sans guide. Installé devant son petit écran, il entend le public scander son nom. Et le picotement le reprend. L’envie de revenir dans le chaudron.
Fin juin 2005, Monsieur Z est dans la posture de Napoléon à l’île d’Elbe. Il ne peut retourner en France seul.
S’il revient chez les Bleus, il lui faut ses grognards autour de lui : Makélélé cœur d’or, Thuram l’intello, Lizarazu le malin. Ce dernier, titulaire au Bayern de Munich, a vraiment raccroché. Il ne veut pas se retrouver sous les ordres de Domenech. Ce serait un effort surhumain, glisse-t-il à un de ses proches. Les plaies sont encore trop vives. Quand Zizou bat le rappel, « Liza » le prévient que ce come-back est à hauts risques. « La plupart des proches de Zinedine, ses avocats, ses frères, ses anciens potes, comme Dugarry ou Lizarazu, lui ont déconseillé de revenir dans l’équipe de Domenech », souligne un de ses conseillers juridiques. Mais « Zizou » n’en démord pas. Que risque-t-il ? Une élimination sans gloire ? Au moins n’aura-t-il aucun remords : il aura tout tenté pour éviter le naufrage. Côté image, il aura mis son orgueil dans sa poche et accepté, par patriotisme, de jouer sous la houlette d’un homme, Domenech, dont il a dit un jour à Frédéric Hermel, de « l'Equipe » : «Ce que je pense de lui n'a pas d'importance...»«Il a mûrement réfléchi, souligne Alain Migliaccio, son agent depuis plus de dix ans. Il nous a tous consultés, mais il a compris qu'il avait besoin du haut niveau en permanence pour rester le formidable joueur qu'il est.»
Le 30 juillet, dans un salon de l'hôtel Plazza, à Paris, Zidane convoque en secret sa garde rapprochée, Patrick Vieira et Lilian Thuram, et peaufine la dramaturgie du retour.
Claude Makélélé n'est pas là, mais il a déjà donné son accord. Tout le monde pousse Zizou à prendre le brassard de capitaine. La mue s'opère dans le palace de l'avenue Montaigne. On lui a reproché de ne pas aimer le pouvoir ? Cette fois, il le prend sans état d'âme. Zizou le timide fait son putsch. A la fin de la réunion, les conjurés reçoivent Raymond Domenech. L'homme, affaibli par les médiocres performances de son équipe de « jeunes », est dos au mur. La vox populi réclame le maestro ? Il donne les clés de l'équipe de France à Zidane. Désormais, il est réduit au rôle d'accompagnateur... Il ne démissionne pas, comme certains le craignaient, ou l'espéraient. L'impétueux Domenech a mis de l'eau dans son vin et accepte cette douloureuse cohabitation. Lui aussi met son orgueil dans sa poche, car il pressent que Zidane, après un an de traversée du désert, est un autre homme.
Dès le premier match amical contre la Côte d'Ivoire, on en a confirmation : le « magicien » est devenu un patron. Il harangue ses joueurs, les engueule, organise le jeu, multiplie les ouvertures lumineuses, millimétrées. Une seule personne dans son entourage avait perçu ce profond changement : sa femme, Véronique. Elle avait compris avant tout le monde que son mari déprimait loin des Bleus. Certes, il avait davantage de temps à la maison, mais la nostalgie était là. Zizou avait le blues des Bleus. Tout simplement.
Ceux qui prétendent qu'il ne serait revenu en équipe de France que pour bonifier ses contrats de sponsoring ? Des mauvaises langues. Des mauvais Français. Chez Orange, pourquoi le cacher, on se frotte les mains de ce retour miraculeux. Producteur du site internet personnel du joueur depuis février 2004, l'opérateur de téléphone a diffusé en exclusivité, sur son propre site et sur son kiosque vocal payant, l'entretien exclusif du joueur le 10 août. Temps de consultation : 2 468 minutes. Dix fois plus qu'un jour ordinaire. Depuis 2002, pour 3 millions d'euros par an, Orange utilise l'image du joueur pour ses campagnes de publicité. Son retoursurprise sous le maillot bleu est une aubaine. On parle aussi d'un projet de parc d'attractions, encore dans les cartons, dans la région marseillaise, à la gloire de Zidane et du football, un « Zizouland » qui pourrait être annoncé après la qualification des Bleus pour la Coupe du Monde (voir encadré). Mais chut... Toutes ces questions subalternes doivent se traiter en coulisses. Le principal capital du joueur n'est-il pas son image d'homme humble, de fils d'ouvrier propulsé au sommet de la gloire, mais qui jamais n'oublie d'où il vient ? Ses frères Farid et Nordine ne gèrent-ils pas le petit club d'une cité marseillaise, la Nouvelle Vague, où les minots défavorisés apprennent à se tenir droits, et où Zinedine revient chaque fois qu'il le peut ? Pour faire taire les mauvais esprits, Zidane décide de ne conclure aucun nouveau contrat de pub jusqu'à la Coupe du Monde. «Croyez-moi, insiste Alain Migliaccio, son agent, il ne revient pas pour l'argent. Il en a suffisamment. Il vient pour le plaisir. C'est extravagant, mais c'est comme ça.»
Aujourd'hui, pour l'intéresser, les sponsors doivent faire dans l'humanitaire. Dans ce domaine, Danone, le groupe de son copain Franck Riboud, a gagné le gros lot en 2004 en lui confiant, pour 1,5 million d'euros par an, une mission de onze ans dans un programme d'aide à l'enfance défavorisée. Et c'est toujours Zidane Diffusion, la PME familiale, qui supervise ce genre de dossiers. Seuls quelques rares privilégiés échappent au contrôle des Zidane brothers. Ainsi Guy Alba, président d'Ela, association contre la leucodystrophie, une maladie génétique rare. C'est Michel Platini qui l'a présenté à Zidane. Celui-ci joue alors à la Juventus de Turin. « A cette époque, raconte Guy Alba, le chanteur Florent Pagny venait de nous signer un chèque de 2 millions de francs. Nous ne voulions pas d'argent, mais que Zizou s'investisse personnellement, qu'il nous autorise à utiliser son image pour des photos et un spot télé. Il était très réticent, puis a fini par accepter.» Les résultats, pour Ela, vont au-delà des espérances. Les dons et les sponsors affluent. Danone, premier contributeur de l'association, verse 250 000 euros par an.
Zidane a sensibilisé à la cause d'autres joueurs, comme Djibril Cissé ou Louis Saha. Il paie de sa personne aussi. «Comme en équipe de France, sa seule présence galvanise les gens impliqués dans notre combat, s'émerveille Guy Alba. Et puis il faut le voir avec les enfants!» Toutes les manifestations publiques d'Ela sont maintenant programmées en fonction de son agenda. Et le joueur répond toujours présent. Un jour, la mère d'un enfant trop malade pour se déplacer lui fait part de l'admiration que lui voue le petit. «Je viendrai le voir en personne», promet Zizou. D'un saut de jet privé, quelques semaines plus tard, il met sa promesse à exécution. Monsieur Z n'a qu'une parole.
Serge Raffy et Olivier Toscer


Olivier Toscer  Serge Raffy 

 

 

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