Zidane talks to his fans after he announced his retirement/Zidane parle avec sans fans après l' annonce de sa retraite.
Au terme d’une journée bien
remplie, Zinédine Zidane a tenu à s’adresser à ses fans. Il était tard mercredi
soir, Zinédine était fatigué, mais il tenait à s’adresser à vous qui le suivez
depuis 17 ans.
A Madrid, Olivier DE LOS BUEIS
Zinédine après avoir annoncé publiquement ta fin de carrière après la
Coupe du Monde, puis après avoir dit au revoir à la presse espagnole, tu tenais
à t’adresser à tes fans et leur adresser le message suivant : « Ce n’est pas
encore mes adieux » et que ceux-ci souhaitons-le ne se feront que le 10 juillet,
au lendemain de la finale de la Coupe du Monde…
En tout les cas c’est ce que j’espère et c’est ce que
tout le monde espère, c’est pour cela que je n’ai pas envie de faire totalement
mes adieux. Je veux simplement dire que pour la saison à venir, ça sera sans moi.
C’était le message que j’avais envie de faire passer avant cette Coupe du Monde
pour ne penser qu’à cela : il ne faut pas penser que parce que j’annonce ma fin
de carrière je vais être démotivé. Bien au contraire. C’est un soulagement pour
moi de l’avoir dit, de m’être exprimé sur ce sujet-là. Je me dis que j’ai cette
Coupe du Monde en point de mire et que c’est l’objectif qui me reste à atteindre.
A tes fans, tu adresses donc un message : « ce n’est pas fini » ?
Il y a deux raisons (NDLR : à cette annonce). L’une est personnelle et l’autre
est par rapport au Real Madrid. La personnelle, c’est que j’avais un poids que
j’avais à l’intérieur, j’avais besoin de le dire, de me soulager. Vous êtes là
mercredi soir, c’est l’occasion de dire que c’est la dernière interview par
rapport à ça. Quelque part je me sens soulagé, moi personnellement c’est ça.
Après c’était pour le Real Madrid pour qu’ils puissent planifier la saison
prochaine, faire sans moi et pour qu’ils aient la possibilité, s’ils le veulent
de recruter un joueur et pour ça il fallait du temps, donc je ne pouvais pas
l’annoncer après une Coupe du Monde. Pour qu’ils puissent trouver quelqu’un, il
fallait du temps. Voilà les deux raisons très importantes pour lesquelles j’ai
annoncé ma décision.
As-tu été ému par la standing-ovation que t’ont réservé les
journalistes espagnols ?
Oui. Ca prouve bien que ce que j’ai fait jusqu’à aujourd’hui a touché les gens
et c’est peut-être aussi pour ce que je suis comme personne. Ca m’a touché de
voir tout ce monde pour une conférence de presse, ça veut dire que les gens ont
prêté attention à ce que j’avais à leur dire.
Ce qui te plaît c’est ce genre de témoignage sur ta personnalité, sur le
fait que ta carrière ne t’a pas changé en 17 ans ?
Oui, pour cela, c’est surtout par rapport à ma famille, par rapport à mes
parents, l’éducation que j’ai eue : c’est forcément important : la personne,
c’est ce qui reste. Le joueur de foot, il passe et il s’en va. La personne,
c’est ce que l’on retient en fait des gens. C’est pour moi le plus important.
C’est qu’on se souvienne de moi en tant qu’homme et en tant que une personne
respectable.
Il y aura cette énorme fête le 7 mai à Bernabeu pour ton dernier match
dans ce stade sous le maillot du Real Madrid… As-tu un message à adresser à tous
ceux qui vont faire le déplacement pour te rendre hommage ?
Je veux leur dire merci de m’avoir soutenu tout au long de ma carrière, c’est le
plus important. Je veux leur dire qu’ils viennent en nombre pour le dernier
match avec le Real Madrid. Ca sera une belle fête… Le club a prévu de faire
quelque chose d’important. J’en suis touché. Merci de m’avoir soutenu tout au
longe de cette carrière.
Tu as tout gagné. Q’est-ce qui te pousse encore à vouloir disputer cette
Coupe du Monde ?
Je ne sais pas. Quelque part, je me dis que ce n’est pas le hasard de finir ma
carrière lors du Mondial. Je vais donc essayer de me concentrer et de me
préparer comme j’ai pu le faire en 1998 et en 2000. Et je me dis qu’il y a
quelque chose à faire. Ce qui est important, c’est que je n’ai pas de pépins
physiques. Que je sois à 100% de mes possibilités. Si c’est le cas, je ferai
quelque chose de grand dans cette Coupe du Monde.
As-tu géré tonphysique cette saison ?
Je ne sais pas si j’avais réussi à m’économiser en 1998 mais peut-être que ma
détermination était plus importante que la fatigue accumulée tout au long de la
saison. Même chose en 2000. Maintenant, je n’ai plus les 25 ans que j’avais à la
Juventus et les 29 ans lors de mon arrivée à Madrid. Il y a quelques petites
douleurs mais je me sens capable pour relever ce défi.
Un défi sportif mais aussi humain dans ce rôle de capitaine…
Il faut que cela soit naturel. Je dois simplement être moi-même.
« Ce ne sera pas un au revoir, ni un adieu »
Tu fêteras ta 100eme sélection face au Mexique dans un Stade de France
qui est un peu ton jardin…
C’est un stade mythique. Un stade assez spécial pour moi puisque c’est le
terrain où j’ai débuté une aventure avec l’équipe de France en marquant lors du
match d’inauguration. Après, il y a eu ces buts en finale du Mondial. J’ai un
rapport particulier avec ce stade et j’espère que pour ma centième, ce sera une
belle fête pour tous les gens présents.
Une belle fête mais pas ton jubilé…
Ah ça non ! Il ne faut pas que ce soit dans ce sens-là. Ça sera mon dernier
match au Stade de France mais pour moi, ce sera le début de quelque chose. Tout
ce que j’ai fait de bien et de mal, je vais le laisser pendant un mois et demi
pour cette Coupe du Monde. Ce ne sera pas un au revoir, ni un adieu. Je
n’attends pas de paroles de soutien par rapport à ce dernier match.
Comment appréhendes-tu le programme de préparation ?
Il y a encore des choses qui doivent se discuter. Mais je pense que toute
l’équipe - les joueurs comme le staff - fera ce qu’il faut pour que l’équipe de
France soit mise dans les meilleures conditions. Pour un objectif : aller le
plus loin possible.
« En regardant ce film, on a l’impression d’être Zidane sur un terrain »
La Coupe du Monde est la compétition idéale pour écrire une nouvelle
belle histoire…
Il n’y a pas mieux, c’est clair. Et même si on ne va au bout, il ne faudra pas
avoir de regrets. Le foot n’est pas une science exacte. Ce n’est pas toujours le
meilleur qui gagne. Mais on va tout mettre en oeuvre pour le faire. On a une
bonne équipe, un bon groupe. Maintenant, il ne faut plus parler mais se
concentrer sur le terrain pour donner le meilleur à l’équipe.
Avant la compétition, tes supporters auront l’occasion de découvrir un
film particulier : Zidane, un portait du 21eme siècle…
Un film assez étrange. Je l’ai vu et c’est pour ça que je me permets de dire ça.
C’est quelque chose de magnifique pour moi. Il faut le voir. J’engage tout le
monde à pouvoir le voir car c’est vraiment filmé et sonorisé comme jamais on a
pu le faire pour un footballeur sur un terrain. Même moi j’ai été assez
impressionné par les images et surtout par le son. En regardant ce film, on a
vraiment l’impression d’être à ma place, d’être Zinédine Zidane sur un terrain.
On entend même le bruit du crampon sur la pelouse. C’est assez spécial.
Pourquoi avoir accepté ce projet ?
Au départ, c’était parce que c’était un film sur le foot. Si on m’avait dit de
faire l’acteur, j’aurais dit non. Le projet, c’est de se dire que c’est quelque
chose qu’on n’a jamais vu et qu’on ne verra peut-être plus jamais. Quand j’ai vu
les réalisateurs, ça m’a enthousiasmé. L’aventure a commencé et aujourd’hui, le
film va sortir. Et il sera à Cannes.
Cela te fait quelque chose de te retrouver à Cannes ?
Oui mais surtout de me voir sur une affiche de cinéma. Ce n’est pas coutumier.
On a bien vu ton portrait sur l’Arc de Triomphe à Paris…
(Rires) Forcément, c’est impressionnant. Ce que j’aimerais, c’est que les gens
puissent pouvoir le voir pour donner leur avis. J’espère que cela leur fera la
même émotion qu’à moi.
« Envie de partager des moments avec les Algériens »
Un mot pour ne pas oublier ELA. Tu adresseras un message lors de la
37eme journée à tous les spectateurs de L1 pour rappeler que la lutte continue…
Tout à fait ! Il y a des choses bien plus importantes que moi. On parle beaucoup
de moi et de mon actualité. Mais quand on regarde les informations, on voit que
ce n’est pas très facile pour beaucoup de gens. Cette journée-là, importante
pour ELA, permettra je l’espère d’apporter quelque chose à toutes ces familles
qui sont tous les jours à la recherche de soutien.
Après le Mondial, il y aura aussi un voyage en Algérie…
J’attends ça avec impatience. Pas pour connaître car je connais déjà mon pays
d’origine. J’y suis allé quand j’étais plus petit. Mais j’ai envie d’y aller
pour découvrir ce pays profondément. Ce sera plus qu’un voyage. J’ai envie de
connaître ce pays de fond en comble, de connaître les gens. Les Algériens m’ont
toujours soutenu haut et fort et maintenant, j’ai envie de partager des moments
avec eux.
Tu vas également avoir le temps de vivre…
Oui, je vais connaître autre chose. Des choses que je n’ai pas pu avoir ou
connaître par le passé car le foot était très présent. J’ai envie de profiter
des moments qui vont m’être accordés dans cette nouvelle vie. Cela passe par
l’Algérie, par ma famille…