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Zinédine Zidane :
Le goût des autres...

Dix-sept ans déjà que Zizou fait se lever les foules. Après une dernière Coupe du monde en Allemagne, il prendra définitivement le chemin des vestiaires, pour se consacrer aux siens, et aux autres. Généreux et authentique, le joueur d’origine kabyle a su rester le même, malgré ceux qui ont voulu le dresser au rang d’idole. Une carrière spectaculaire pour un homme de coeur.

Il a décidé de partir avant le coup de sifflet final. Alors que toute la planète foot pleure son départ, Zidane n’a qu’un but : être père à plein temps, pouvoir aller chercher ses fils à l’école et jouer au foot avec Enzo, 11 ans, le plus grand de ses quatre garçons déjà inscrit dans un club de Madrid. Entouré de sa femme Véronique et d’Enzo, Lucas, Théo et Elyaz, le petit dernier âgé de quelques mois, il n’aspire plus qu’à cela. « Je veux leur fixer une ligne de conduite, leur apprendre ce que j’ai appris moi de mon père et surtout leur donner de l’amour » déclare le joueur. Le couple a décidé de rester à Madrid, dans la superbe villa qu’ils ont fait construire sur les hauteurs de la ville. Au plus près des racines espagnoles de son épouse, du côté d’Alméria en Andalousie, où vivent encore certains des siens.

Zidane, une entreprise familiale

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Mais Zizou compte aussi retourner le plus souvent possible chez lui, à Marseille, où vivent ses proches. Il y a domicilié « Zidane Diffusion », la PME familiale pilotée par sa famille : ses trois frères Madjid (42 ans), Farid (40 ans) et Nordine (38 ans), et sa soeur Lila (36 ans), dont il a toujours été très proche. « Petits, on jouait devant les séries télés, j’étais Wonderwoman et lui Spiderman » confie-t-elle(1). Tous ont été formés pour gérer son site Internet et faire le tri parmi les sollicitations permanentes. Au point qu’ils sont aujourd’hui devenus de redoutables hommes d’affaires ! Côté reconversion, Zidane sait qu’il veut faire quelque chose autour du foot « c’est ce que je fais le mieux » et autour des enfants « j’ai tellement reçu que j’aimerais donner à mon tour ». Il le prouve déjà avec son engagement dans l’association Ela, qui lutte contre la leucodystrophie, une maladie génétique rare. C’est d’ailleurs cette générosité qui fait de lui l’une des personnalités préférées des Français. Un jour, la mère d’un enfant trop malade pour se déplacer est venue voir Zizou pour lui faire signer un autographe. Le joueur, touché par sa détresse, lui a promis de rendre visite à son fils, et quelques semaines plus tard il l’a fait. Un homme de parole donc, quand on sait parfois la frivolité de ce genre de promesse. Témoin aussi, le contrat atypique qu’il a signé avec Danone et qui le lie pour onze ans à la marque : son image sera utilisée pour le développement des programmes en faveur de l’enfance. Les businessmen l’ont bien compris : pour avoir l’oreille de Zidane, il faut lui parler des autres.

Virée shopping avec Jamel

Son extraordinaire carrière, loin de lui donner la grosse tête, lui a juste permis de réaliser ses rêves et de s’occuper de sa famille. Il a assuré le bien-être de ses parents, de ses frères et soeur, mais aussi de ses proches : témoin cette superbe villa qu’il a fait construire pour un cousin en Algérie. Pas d’inquiétude cependant pour le patrimoine du joueur, la presse estime ses gains à environ… 41 000 € par jour ! Pourtant, Zidane a gardé le goût des choses simples : les virées shopping avec son copain Jamel Debouzze, sans photographes ni gardes du corps. Il passe ses étés en famille plutôt que dans les boîtes de Saint-Tropez et n’a jamais eu l’envie d’ouvrir un resto branché sur les Champs-Élysées.

Fan d’Enzo Francescoli

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Si Zizou a aujourd’hui la tête sur les épaules plutôt que dans les paillettes, c’est sans doute grâce à son éducation. Né le 23 juin 1972 à la Castellane, l’une des cités des quartiers nord de Marseille, il grandit dans une famille modeste et unie, originaire de Taguemount, un village kabyle d’Algérie. Son père Smaïl est magasinier la nuit, tandis que sa mère Malika s’occupe de l’éducation des cinq enfants. On leur inculque les deux valeurs fondamentales de la famille Zidane : travail et amour. Comme tous les gosses de Marseille, le petit Yazid (son premier prénom) est né la balle au pied. Il s’imagine déjà acclamé par les stades, sans croire une seconde que son rêve de gosse se réalisera, il est bien trop timide pour ça ! Pourtant, le « minot » est vraiment passionné. « C’était impossible de lui prendre le ballon » confirme son frère Farid « il était le plus jeune, mais il nous faisait toujours gagner ». Sur les murs de sa chambre, le portrait de ses idoles, Michel Platini et Enzo Francescoli, fabuleux joueur Uruguayen. Il prénomme d’ailleurs son premier fils Enzo, en hommage à son modèle.

Une voiture pour son premier but

Après une première licence dans le club de son quartier, « Yaz » part à 14 ans rejoindre l’AS Cannes. Son père, inquiet pour son petit dernier qui a quitté le nid si jeune, fait le trajet en train tous les weekends afin de voir s’il ne manque de rien ! Conscient des efforts financiers de ses parents, Zidane leur envoie sa première prime. Pour l’anecdote, le président du club, Alain Pedretti, lui avait promis une voiture le jour de son premier but. Il reçoit ce soir-là une magnifique Clio rouge, dont il se servira surtout pour emmener Véronique faire des ballades romantiques, plutôt que des virées en boîte avec ses coéquipiers. C’est déjà une star, il n’a pas encore 20 ans. Le sportif travaille sans relâche et le succès est au rendez-vous : il va rejoindre les Girondins de Bordeaux, puis la Juventus de Turin avant d’aller gonfler les rangs du prestigieux Real de Madrid, son dernier club.

Reconversion avec les enfants

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Aujourd’hui, après 17 ans d’une carrière explosive qui lui a valu les meilleurs titres sportifs, il va tenter de réussir sa reconversion, loin des projecteurs et de l’adrénaline de la compétition. Loin de la surexposition aussi. Il laisse à la postérité ses meilleurs buts, et pour ses fans le film Zidane, un portrait du XXIe siècle présenté à Cannes, et réalisé par deux artistes amateurs de foot, Philippe Parreno et Douglas Gordon. Quatre-vingt dix minutes sur le champion un jour de match, une musique envoûtante signée Mogwai et des commentaires écrits, en forme de sous-titres : « Quand j’étais petit, je m’amusais à commenter les matchs comme Pierre Cangioni sur Téléfoot. J’étais attiré, je restais là le plus longtemps possible » se souvient Zidane. Lui qui refuse toujours ce genre de projet a fini par dire oui : « Je ne joue aucun rôle, j’ai été ce que je suis sur la pelouse tous les dimanches. » Mais Zidane a aujourd’hui une ambition plus importante que de marquer des buts ou monter les marches de la Croisette : s’occuper des enfants, les siens, et ceux des autres, ceux qui sont malades, ceux qui veulent jouer au foot, ceux qui veulent comme lui, réaliser leurs rêves.

 

 

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